Pour garantir des expériences utilisateurs fluides et positives, le design inclusif remet l'utilisateur au centre de la démarche. Les produits ne sont pas conçus pour leurs créateurs, mais pour celles et ceux qui les utilisent au quotidien.
Il est donc crucial de comprendre le contexte d'usage d'un service et de se poser les bonnes questions : par qui, à quel moment, dans quelles conditions et pour quelles raisons est-il utilisé ? Anticipées dès la phase de conception, ces réflexions permettent aux designers de créer des interfaces parfaitement adaptées aux besoins réels.
Qu'est-ce-que le design inclusif : définition du concept
Le design inclusif consiste à intégrer l'accessibilité dès les premières étapes de conception d'un produit ou d'un service numérique. L'humain — avec ses capacités, ses contraintes, ses besoins et ses aspirations — est placé au cœur du processus.
Le rôle du designer dépasse le simple aspect visuel ou graphique. Il conçoit l'ergonomie globale en prenant en compte les dimensions psychologiques, émotionnelles et comportementales de l'utilisateur pour éliminer toute barrière à l'usage.
Qui sont les figures de référence ?
Le nom incontournable reste Tim Berners Lee, inventeur du World Wide Web en 1989 au CERN et directeur du W3C. Dès la création du Web, son ambition était d'offrir un espace universel d'échange d'informations accessible à tous, une philosophie qui fonde aujourd'hui les principes de l'accessibilité et du design inclusif.
À qui s'adresse le design inclusif ?
Selon l'OMS, plus d'un milliard de personnes dans le monde (soit environ 16 % de la population) vivent avec un handicap important. En France, cela concerne près de 12 millions de personnes.
Le design inclusif s'adresse d'abord aux personnes présentant des troubles permanents :
Moteurs (mobilité réduite, trémulations) ;
Visuels (cécité, malvoyance, daltonisme) ;
Auditifs (surdité, hypoacousie) ;
Cognitifs (dyslexie, troubles de l'attention, autisme).
L'accessibilité bénéficie à tout le monde
Concevoir inclusif dépasse la seule question du handicap permanent. Cela répond aussi à des situations du quotidien où les capacités de chacun sont temporairement ou contextuellement limitées :
Porter un enfant tout en naviguant sur son smartphone (handicap temporaire d'un bras) ;
Utiliser la commande vocale en cas d'extinction de voix ;
Consulter un écran en plein soleil avec des reflets intenses.
Un impact direct sur l'expérience client et le business
Ignorer l'accessibilité revient à se couper d'une part significative de son audience. À l'inverse, intégrer le design inclusif dans sa démarche UX rend vos interfaces plus simples, claires et intuitives pour l'ensemble de vos utilisateurs — avec un impact direct sur vos taux de conversion et votre chiffre d'affaires.
L'UX/UI au cœur du design inclusif : 5 bonnes pratiques
L'expérience utilisateur (UX) joue un rôle central dans le design inclusif. Cette démarche consiste à concevoir des interfaces adaptées à la diversité des profils dès la phase de réflexion, sans exclure personne.
Si l'accessibilité numérique garantit l'usage des sites aux personnes en situation de handicap (via des lecteurs d'écran, le navi-clavier ou des contrastes adaptés), le design inclusif va encore plus loin. Il prend également en compte :
La diversité culturelle et linguistique (langue, niveau de lecture, codes culturels) ;
Le niveau d'équipement et la connectivité (smartphones anciens, zones à faible réseau) ;
La situation personnelle et sociale (âge, identité de genre, contexte d'usage).

Quelques exemples des bonnes pratiques de l'Inclusive Design :
1. Mettez-vous à la place de vos utilisateurs
C'est le cœur même de l'UX Design. Pour concevoir une interface pertinente, vous devez répondre à trois questions fondamentales :
Qui ? Les profils visés et leurs contraintes spécifiques (user personas).
Pourquoi ? Leurs besoins reels et leurs motivations.
Comment ? Les parcours et les méthodes qu'ils utilisent pour y parvenir.
Ne vous focalisez pas uniquement sur le graphisme, la rédaction ou les animations. Placez l'utilisateur au centre de votre démarche pour lui apporter la solution la plus simple et la plus directe possible.
2. Suivez les lignes directives de l'accessibilité web
Dans le domaine de l'accessibilité existe de nombreuses lignes directrices à suivre qui permet d'arriver au but. Il est important de les connaître et de les mettre en pratique, vous trouverez ci-dessous quelques références de base à ce sujet.
- Web Content Accessibility Guidelines - WCAG
- Material Designs Guidelines for Accessibility
- Human Interface Guidelines - Apple
3. Un design UI adapté à tous les usages
L'interface graphique (UI) est le levier principal pour rendre un site accessible. Pour concevoir un design inclusif, appuyez-vous sur ces fondamentaux :
L'architecture HTML5 et la structuration : Respectez une hiérarchie stricte des titres (
H1,H2,H3) pour permettre une lecture rapide et la navigation via des lecteurs d'écran. Renseignez systématiquement un texte alternatif (alt) explicite pour chaque image.Les contrastes et le focus : Assurez un contraste suffisant entre le texte et le fond (respect des normes WCAG, en évitant par exemple le gris clair sur fond blanc). Soignez également les états de survol et de mise au point (focus) pour indiquer clairement la position de l'utilisateur sur la page lors de la navigation au clavier.
L'usage des couleurs : Évitez d'associer des teintes difficiles à distinguer pour les personnes daltoniennes. Surtout, ne vous reposez pas sur la seule couleur pour transmettre une information (ajoutez des icônes ou du texte), afin de maintenir la lisibilité même en plein soleil.
Les espacements et zones cliquables : Laissez suffisamment d'espace autour des éléments interactifs (boutons, liens) pour éviter les clics accidentels, notamment sur mobile.
Les typographies : Privilégiez des polices sans empattement (sans-serif), très lisibles, et permettez à l'utilisateur d'ajuster la taille du texte si nécessaire.
L'affordance : Rendez les éléments interactifs immédiatement identifiables. Un bouton ou un lien doit suggérer de lui-même qu'il est cliquable pour éviter toute hésitation ou frustration.
4. Utilisez les outils à votre disposition
Même si vous connaissez les bonnes pratiques théoriques du WCAG, leur mise en oeuvre n'a rien d'une évidence. Il existe de nombreux outils pour vous aider à rendre vos produits numériques plus accessibles.
Ces outils en ligne vous sont listés par The A11Y Project. Des aides qui vous seront utiles tout au long du cycle de développement de votre produit. Chrome propose une gamme d'extensions qui permet de vérifier l'accessibilité de votre site avec AXE et DevTools.
Que vous soyez consultant ou artisan, essayer de respecter ces règles pour votre site Internet par exemple avec l'aide de votre agence.
5. Testez votre accessibilité
La phase de test d'un site web ou d'une application est un passage obligé avant tout lancement.
Voici un article du codeur.com avec 9 outils pour tester l'accessibilité de votre site Internet.
Le web design inclusif : à vous de jouer
Concevoir un bon design de site web passe par l'ouverture aux autres, la compréhension de leur vie et par la prise en compte de leurs contraintes. En dépassant nos pensées propres, nous accueillons un design plus accessible, bénéfique et utile. C'est une mine d'or d'inventivité pour les web designers et les développeurs qui imaginent le web de demain.
Le web design inclusif de demain permettra aux webdesigners et développeurs de mettre en place des dispositifs encore plus innovants et qui repousseront les limites du web encore plus loin et terme d'accessibilité.
Et pourquoi ne pas intégrer ces humains " hors-normes" dans nos équipes de développement afin de travailler main dans la main pour un web plus inclusif ?
Pour terminer, je vous invite à lire l'article d'Adrien sur la création de site Internet ou d'un blog en une journée.
Bonne lecture et à bientôt !
